Visite de la salle PIETTE au Musée d’Archéologie Nationale.

Publié le 28 Avril 2014

« Je vivais de la vie de ces hommes, morts il y a si longtemps ».

Édouard PIETTE

Au XIXe siècle, Napoléon III, passionné d’archéologie, désencombre le château de Compiègne de vestiges anciens et les installe au château de Saint-Germain-En-Laye, qui devient, dès lors, le musée d’archéologie nationale.

Au centre du château, une des plus belles collections d’objets préhistoriques réunis par un archéologue passionné : Édouard PIETTE (1827-1906)

En 1856, la découverte de l’Homme de Neandertal et la publication d’ouvrages comme celui de Darwin, L’Origine des Espèces, bouleversent les dogmes. Douze ans plus tard, c’est l’Homme de Cro-Magnon qui fait son apparition en Dordogne, une révélation pour Piette.

Une épopée archéologique.

Affaibli par la maladie, il part en cure dans le Sud de la France où, fasciné par les montagnes, il cherche les traces des anciens glaciers et des amas de calcaire. Ces derniers laissent filtrer l’eau et forment peu à peu des cavités où pouvaient s’installer les hommes préhistoriques.

Ainsi, Édouard Piette découvre des objets très anciens et récupère le moindre petit éclat de matière organique. Pour officialiser ses découvertes il se rend à Paris devant l’Académie des Sciences qui reconnait ses qualités de fouilleurs mais reste méfiante devant les interprétations de l’archéologue.

L’art mobilier et les capacités de sculpteurs sont reconnus, mais les scientifiques du XIXe siècle restent persuadés que l’Homme préhistorique reproduit fidèlement ce qui l’entoure, sans imagination. Edouard Piette est le seul à croire en cet art des cavernes, il veut prouver que l’Homme primitif est un artiste.

Le Mas d’Azil.

En 1887, il entreprend de fouiller en Ariège dans un tunnel naturel creusé par la rivière. Il découvre des pièces magdaléniennes, des galets peints aziliens, et parmi d’autres, un crochet de propulseur en ronde-bosse, gravé de trois têtes de chevaux qui différencient les trois âges de la vie, le cheval jeune, adulte et décharné [photo 1]. Grâce aux divers objets associés, Piette atteste une période de transition entre le Paléolithique et le Néolithique, il démontre la continuité entre la Préhistoire et aujourd’hui.

Mais c’est en 1894 qu’il fera la découverte du chef-d’œuvre le plus connu de sa collection : La Dame à la Capuche. Trouvée dans la grotte de Brassempouy, dans les Landes, cette sculpture en ivoire de mammouth ne mesure que trois centimètres, pour un âge de près de vingt-cinq mille ans [photo 2]. Cette découverte exceptionnelle reste, à ce jour, le plus ancien portrait connu. Piette endosse le titre de l’archéologue qui a donné un visage à la préhistoire.

Une collection exceptionnelle.

L’histoire de la collection Piette repose sur une donation de l’archéologue de près de dix mille objets visibles en salle, tandis que quatre à cinq fois plus de vestiges se trouvent encore dans les réserves. Le Musée d’Archéologie Nationale et les descendants d’Édouard PIETTE respectent l’ultime souhait de ce pionnier de la préhistoire en exposant au public sa collection.

Edouard Piette fut l’un des premiers archéologues à reconnaître l’homme préhistorique en tant qu’artiste, à lui donner des capacités intellectuelles esthétiques et à ne plus en faire un homme sauvage et primitif.

Charlotte COUENON

Remerciements au Musée d’Archéologie Nationale pour cette visite passionnante.

Sources : Un soir au musée : Un visage pour la préhistoire ou l’aventure de la collection Piette, Documentaire, France 5, 2008.

Sources Images : http://www.spectacles-selection.com/archives/expositions/fiche_expo_S/saint_germain_salle_piette/salle_piette_visuels.htm

Documentation sur la préhistoire : http://www.hominides.com/

Cette sortie était organisée par le PAAC-Archéologie et vous pouvez retrouver cet article sur ce blog.
Visite de la salle PIETTE au Musée d’Archéologie Nationale.
Visite de la salle PIETTE au Musée d’Archéologie Nationale.

Rédigé par Charlotte COUENON - SAT

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